Pour en finir avec le moindre mal

Petite application de ma chronique « Les vérités ont été diminuées par les enfants des hommes »

S’il est communément reçu qu’ « entre deux maux, il faut choisir le moindre », encore faudrait-il rappeler quelques distinctions salutaires relatives à ce principe. Il est vrai qu’il serait dès lors plus difficile de détourner le vote par défaut des catholiques vers tel ou tel candidat peu orthodoxe.

Convenons tout d’abord que devant des maux PHYSIQUES inévitables, il convient de choisir le moins nocif (ex. : jeter sa voiture dans le fossé pour éviter de percuter un camion ; amputer pour éviter la contamination de tout l’organisme). Quant au moindre mal MORAL, il n’est en revanche jamais permis de le COMMETTRE ni d’y COOPERER, mais on peut le TOLERER (laisser se produire ou subsister une chose qu’on aurait le droit – pas le devoir – ou la possibilité d’empêcher chez autrui) :  « En vérité, s’il est parfois licite de tolérer un moindre mal moral afin d’éviter un mal plus grand ou de promouvoir un bien plus grand, il n’est pas permis, même pour de très graves raisons, de faire le mal afin qu’il en résulte un bien, c’est-à-dire de prendre comme objet d’un acte positif de volonté ce qui est intrinsèquement un désordre et, par conséquent, une chose indigne de la personne humaine, même avec l’intention de sauvegarder ou de promouvoir des biens individuels, familiaux ou sociaux » (Humanae Vitae, n° 14).

Comment prétendre dès lors voter au nom du moindre mal pour un quelconque candidat aux Présidentielles 2017 ? Le vote n’est en effet nullement un devoir mais un droit que nul ne peut être contraint d’exercer. Il est même un devoir de ne pas l’exercer lorsque le choix proposé conduit inévitablement à COOPERER à un mal MORAL, à « prendre comme objet positif de volonté ce qui est intrinsèquement un désordre ». Compte tenu de leurs programmes et de leurs prises de position publiques, voter pour l’un quelconque des présidentiables conduit à approuver personnellement la relégation au second plan du « non-négociable », la redéfinition du pire en moindre mal. Nous avons bien les présidentiables que nous méritons : des candidats prêts à trahir leurs convictions personnelles pour représenter un peuple considérant comme secondaire, comme un moindre mal, le droit à l’avortement de masse.

L’abbé

Première mise en ligne : avril 2017 – FB Gladius Columbae

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