Vocations : une crise majeure et profonde

Qu’est ce que la vie religieuse ? Selon la Tradition multiséculaire de la sainte Église, la voie des conseils évangéliques est appelée « la voie de la perfection », et l’état de vie consacrée « état de perfection ». N’en déplaise à certains, ces termes se trouvent également dans la Constitution conciliaire Lumen gentium (cf. 45), alors que le Décret sur le renouveau de la vie religieuse porte le titre de Perfectae caritatis et a pour sujet « la recherche de la vie parfaite par les conseils évangéliques ».

Commençons par un peu d’histoire… Déjà dans l’Ancien Testament, on peut noter une forme de consécration au sujet des prophètes et des patriarches qui « marchaient avec Dieu » suivant cette expression plusieurs fois utilisée dans les saintes Écritures. La notion de virginité consacrée n’y apparaît pas encore véritablement, cette transition se fait petit-à-petit et c’est ainsi que saint Jean-Baptiste, certainement saint Joseph, saint Jean et peut être d’autres apôtres et saintes « femmes » et plus encore bien sûr la très sainte Vierge Marie, se consacreront entièrement au Seigneur par la garde de la Virginité, suivant ainsi l’appel de Jésus-Christ : « Suis-moi » ou encore au sujet de la continence volontaire en st Matthieu XIX, 10-11 « […] « il n’est pas expédient de se marier ». Il leur dit : « Tous ne comprennent pas ce langage, mais ceux-là à qui c’est donné ». Ainsi donc déjà les Apôtres et leurs successeurs, aujourd’hui les Évêques et les prêtres, sont appelés au célibat, dans l’Église catholique apostolique romaine. Rien, ni personne ne pourra changer cela sans courir l’anathème. « Ce que Dieu a unit que l’homme ne le sépare pas ».

La vie religieuse, à proprement parler, est apparue quant à elle, selon la Tradition, après les persécutions ; puisque les chrétiens ne pouvaient plus mourir martyrs en versant leur sang par amour de Dieu, alors certains ont entièrement consacré leur vie à Dieu dans ce but de mourir à eux-même pour vivre de plus en plus la vie même de Dieu, comme le rapporte saint Paul « pour moi vivre, c’est le Christ et mourir m’est un gain ». Et cette vie religieuse, dès lors, n’a jamais cessé. Au départ, cette vie était essentiellement érémitique, soit par une vie vraiment isolée, soit par la constitution de laures, puis petit à petit sont apparus les ordres religieux tels que nous les connaissons : l’ordre bénédictin tout d’abord, les chartreux, puis les ordres mendiants et de là toute une multitude de communautés et congrégations émanant de telle ou telle spiritualité et répondant aux besoins des temps, par exemple ceux destinés au rachat des captifs, ou bien à d’autres communautés ou congrégations suscitées par le saint Esprit pour une mission donnée pour un temps précis.

Apparaît ici une première problématique… Dieu appelle, l’homme répond librement, ce qui implique que Dieu accepte et laisse le choix à l’homme de Lui dire non… (ce qui est déjà assez inouï quand on y songe sérieusement).
Cependant cette réponse, qui se doit être une réponse d’amour dans une dynamique de don, se meut, involontairement (souhaitons-le) en une réponse de captation ! Là est notre tendance à tous, celle émanant du péché originel. Si ce problème du péché est personnel d’abord, il impacte évidemment sur le groupe: ainsi, retrouvons-nous des communautés qui refusent de s’éteindre (alors que, peut-être, l’instrument n’est plus utile) et se battent pour une existence qui les éloigne de leur esprit primitif. C’est ainsi que l’on retrouve partout les mêmes choses : camps, pélés divers, catéchismes uniformisés, scoutisme mais animés par des chapelles, communautés différentes sans que la substance diffère de l’une à l’autre alors que chacune avait, au départ, une spiritualité, une couleur propre et bien plus, une grâce spéciale à transmettre aux âmes. Ainsi, le fidèle choisira non plus en fonction de la spiritualité proposée mais du tarif pratiqué, de l’horaire de la Messe et de sa longueur…

Au delà de ça, pour d’autres, le manque de fidélité à l’esprit fondateur et au style de vie qui le caractérisait et l’identifiait, la crise moderniste, ont détruit les élans généreux et profondément spirituels, les fausses doctrines, le marxisme, le communisme, le socialisme, une forme de capitalisme aussi se sont infiltrés dans l’Église, comme hélas l’avait prédit la très sainte Vierge Marie à Fatima. Le modernisme est une terrible hérésie qui synthétise en elle toutes les hérésies passées et des erreurs philosophiques graves (agnosticisme, immanentisme etc.), elle est d’autant plus dangereuse qu’elle est insidieuse car elle cristallise la générosité au profit d’un certain confort philosophique et spirituel. Ainsi à l’heure actuelle, chaque année, plus de 3000 religieux et religieuses quittent leur état de vie.
Certains sites diocésains, dans leur service Vocations ne présentent plus la vie consacrée ou religieuse, ne proposent aucunes retraites de discernement pour les jeunes, ne parlent même pas de la vocation sacerdotale mais… des diacres permanents !

Mais quittons les statistiques et allons plus loin

(À suivre : Vocations : un engagement qui désengage)

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